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Venezuela: Communiqué du Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste du Venezuela

N° 959 08/01/2026 Le Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela (PCV) – élu par le XVIe Congrès national en novembre 2022 – réitère sa condamnation la plus ferme et catégorique des bombardements criminels perpétrés par les forces militaires américaines contre la ville de Caracas et d'autres localités du pays aux premières heures du 3 janvier. Cet acte constitue une grave agression contre la souveraineté nationale et une violation flagrante du droit international.

Le PCV rejette la détention violente et illégale des citoyens Nicolás Maduro Moros et Cilia Flores, effectuée dans le cadre de cette intervention militaire étrangère. Les États-Unis se comportent une fois de plus en gendarmes du monde, appliquant leurs lois de manière extraterritoriale et bafouant ouvertement les principes de souveraineté, d'autodétermination des peuples et de non-ingérence. Les lois américaines n'ont aucune juridiction au Venezuela, et aucune puissance étrangère n'est en droit d'imposer sa volonté par la force des armes.

Cette position n'implique en aucun cas une quelconque défense politique du régime autoritaire, antidémocratique, anti-ouvrier et antipopulaire de Nicolás Maduro, qui a exercé de facto le pouvoir en tant que président de la République. Maduro et la direction du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) sont responsables de graves violations de la Constitution, des lois et des droits politiques, sociaux et du travail des citoyens, créant ainsi un contexte favorable aux projets impérialistes de siège et d'agression contre le pays.

Trois jours se sont écoulés depuis l'agression militaire perpétrée par le gouvernement de Donald Trump, et les autorités vénézuéliennes n'ont toujours pas présenté de rapport officiel sur les pertes civiles et militaires, les dégâts matériels causés par les bombardements, ni d'explication quant à l'incapacité des forces de sécurité à détecter et à contrer une agression militaire étrangère. Ce silence est non seulement inacceptable, mais aussi suspect. Le pays a le droit de connaître la vérité sur les conséquences de cet acte de guerre.

Donald Trump a ouvertement confirmé que la prétendue « lutte contre le trafic de drogue » n'était qu'un prétexte grossier pour dissimuler ses véritables objectifs : le contrôle du pétrole et des ressources stratégiques du Venezuela. Ses déclarations, dans lesquelles il affirme vouloir gouverner le Venezuela et prendre en charge la gestion de ses ressources pétrolières, confirment le caractère néocolonial et prédateur de cette intervention.

Le fait que l'administration Trump ait rendu publiques ses exigences envers les nouvelles autorités vénézuéliennes – notamment un accès privilégié pour les entreprises américaines aux ressources pétrolières du pays, ainsi qu'une interdiction de la vente de pétrole brut et la rupture des relations avec les nations considérées comme ennemies des intérêts américains – confirme que le conflit qui frappe actuellement les Vénézuéliens s'inscrit dans le cadre de la lutte acharnée entre puissances impérialistes et nations capitalistes émergentes pour le contrôle des marchés, des matières premières, des routes commerciales et des zones d'influence, dans un contexte de crise structurelle croissante du capitalisme à l'échelle mondiale.

Les faits confirment également ce que le PCV a dénoncé à maintes reprises : la direction du PSUV négociait secrètement avec Washington, tandis que le peuple vénézuélien était plongé dans une crise politique, économique et sociale aiguë. Preuve en est les appels à la « coopération » et au « développement partagé » lancés par DelcyRodríguez face aux menaces et aux impositions de la puissance impérialiste.

Il convient également de noter que cette opération militaire a été menée de manière irresponsable par la frange la plus réactionnaire de l’opposition, dirigée par María Corina Machado, désormais écartée par ses propres alliés. Ces derniers ont clairement indiqué que ni la démocratie ni les droits humains ne guident leurs actions, mais que leurs véritables ambitions consistent à contrôler et à s’approprier l’industrie énergétique vénézuélienne, quitte à maintenir le régime en place comme bras armé.

L’ingérence militaire américaine, bien qu’encourageée par certains secteurs internes, ne contribue pas à résoudre la crise nationale ; au contraire, elle l’aggrave. Les conditions de vie du peuple vénézuélien continuent de se détériorer, tandis que l’élite dirigeante ne prend aucune mesure pour rétablir les droits et la dignité de la classe ouvrière.

Nous mettons également en garde contre les implications dangereuses du récent décret d’exception, qui pourrait devenir un instrument de répression entre les mains d’acteurs ayant maintenu leur hégémonie par la terreur après avoir perdu le soutien populaire.
Le PCV insiste sur l’urgence de construire une solution politique populaire, constitutionnelle, démocratique et souveraine à la crise. Ni l’occupation, ni la tutelle impérialiste, ni le maintien du régime autoritaire ne constituent des solutions favorables aux travailleurs.
Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes détenues arbitrairement suite à la proclamation invalide de NicolásMaduro comme président, notamment Enrique Márquez, enlevé il y a un an pour avoir exigé la publication des résultats de l’élection présidentielle, ainsi que tous les militants emprisonnés pour avoir lutté et défendu les droits constitutionnels du peuple vénézuélien.

Les salaires et les pensions doivent être sauvés de l'abîme dans lequel le programme néolibéral du PSUV les a plongés. La dignité des familles ouvrières vénézuéliennes en dépend.

Pour sortir de la crise dangereuse actuelle et de la menace réelle d'une escalade militaire impérialiste, il est impératif de mettre fin au régime autoritaire et de rétablir l'ordre constitutionnel en rétablissant les libertés démocratiques et en convoquant immédiatement des élections présidentielles, avec des garanties complètes pour les citoyens et les organisations politiques. À cette fin, les autorités actuelles du CNE doivent démissionner et les partis politiques – y compris le PCV – doivent recouvrer leur statut légal.

La lutte pour le rétablissement de la Constitution et de l'État de droit appelle toutes les forces révolutionnaires, populaires et véritablement démocratiques du pays.
Bureau politique du Comité central du Parti communiste du Venezuela

Caracas, le 6 janvier 2026